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-Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme.-

Anaxagore -Ve siècle avant J.C

 

Il existe une petite lâcheté toute parisienne qui consiste à abandonner sans état d’âme un bien usagé sur la voie publique. Je me suis alors amusé à bomber en doré les déchets encombrants, afin d’attirer l’attention du citoyen sur la responsabilité, la démarche du ramassage et du tri sélectif .

 

Au quotidien, les gens trouvent presque normal de voir des détritus de toutes sortes sur les trottoirs. Désormais cela fait partie du décor - des meubles. Bien entendu, ce sont les quartiers populaires qui souffrent le plus de cette réalité.

 

Chaque année, 88 000 tonnes de déchets encombrants sont laissées sur la voie publique, dont 60% déposés illégalement. Un bel exemple de consommation de masse. Dans cette boulimie d’objets, on se sépare sans problème de son vieil ami pour le remplacer par le dernier cri. La plupart de ces appareils sont en état de marche ou ont juste besoin d’une réparation. Heureusement, des gens aux revenus modestes les récupèrent, et les retapent. D’autres citoyens ont créé des collectes d’objets pour les trier et les recycler.

 

En  parant d’une dorure ces épaves, comme il est d’usage de mettre en valeur les détails architecturaux en les recouvrant de feuilles d’or, je décide, à l’instar de Marcel Duchamp, d’élever au statut d’oeuvre éphémère ces produits délaissés.  Les passants s’étonnent alors de leur beauté nouvelle, mais leur présence incongrue les interpelle sur l espace qu’il occupe. Cette nouvelle parure les interroge sur la valeur marchande que les déchets peuvent à nouveau représenter. En les reconditionnant, ils ne sont plus débris mais se métamorphosent une fois de plus en objets utiles.

Ils valent de l’or.